Si Peter Zimmermann a intitulé sa dernière
exposition « Reliance », c’est peut-être pour
signifier qu’il a confiance en l’évolution de son art
: artiste conceptuel dans ses créations des années 1980
et 1990, il peint aujourd’hui des images colorées, qui séduisent
et incitent à la contemplation. En 1995, à un moment de
remise en question de l’art conceptuel, alors que Peter Zimmermann
cherche un chemin artistique qui lui permette de se renouveler, il découvre
l’issue de l’impasse esthétique dans laquelle il se
trouve grâce à un accident : il envoie pour une exposition
à Londres un fichier, qui s’ouvre par erreur en un fichier
déformé dans lequel les caractères étaient
devenus des champs de couleurs. Le tournant est définitivement
pris en 1998 avec l’exposition « Eigentlich könnte alles
anders sein » (« En fait tout pourrait être différent
») à Cologne. Mais bien qu’il réalise des «
images multicolores », il se considère toujours comme un
« artiste conceptuel » .
Peter Zimmermann crée le plus souvent à
partir de textes ou de couvertures de magazines qu’il scanne sur
son ordinateur. Cette matière de base est ensuite transformée
à l’aide de Photoshop et par diverses manipulations numériques.
A partir de ces images numérisées, donc des éléments
identifiables et archivables, il crée des toiles abstraites par
un travail de superpositions de couches de résine époxy.
L’effet est dynamique, fluide, comme en mouvement
; tout un jeu sur la matière et le volume se dévoile, les
couches superposées brillent, comme vernies, avec parfois des trouées
qui laissent apparaître la toile. C’est sensuel, on a envie
de toucher ces tableaux. On ne distingue plus du tout la base du travail
de Zimmermann. Les couleurs flashy qu’il utilise pour la plupart
de ces œuvres donnent un effet « pop » très 70’s.