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Peter Zimmermann "Reliance"
Anselm Kiefer "Sternenfall"
Alfred Kubin "Souvenirs
d'un pays à moitié oublié" |
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Monumental Anselm Kiefer
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« Je suis seul / je mets la fleur de cendre dans le verre rempli de noirceur mûrie »
« En l’air là-haut, c’est là que demeure ta racine, là, en l’air. Là où le terrestre se met en boule, terreux, souffle-et-glaise » Paul Celan Recueils « Pavot et mémoire » et « La rose de personne »
« Sternenfall », du 31 mai au 8 juillet 2007 au Grand palais à Paris.
Très belles vues de l’exposition.
L’artiste Anselm Kiefer inaugure Monumenta, le nouveau rendez-vous du Grand Palais à Paris. Sous la superbe verrière, trois tours et sept maisons en tôles ondulées dans lesquelles se trouvent les œuvres, nous font pénétrer dans l’univers de Kiefer, un univers sombre et organique imprégné de multiples références, parfois hermétiques. Cette exposition s’intitule « Sternenfall » : chute des étoiles.
L’exposition est dédiée aux œuvres des poètes Paul Celan et Ingeborg Bachmann (qui furent d’ailleurs intimement liés): « Je commence une œuvre à condition d’être emporté par quelque chose, par l’appel de ce poète. Il s’agit aussi d’une offrande. Je me sens comme un serviteur. Le tableau est une sorte de germination de mes discussions avec le poète » (Anselm Kiefer, Artpress n°334). Il y a un dialogue, une correspondance entre les œuvres de Kiefer et de Celan : leurs œuvres sont marquées par l’Holocauste, on y retrouve les cendres, la nuit, les astres, les fleurs séchées, la neige glacée, les paysages de désolation, la mélancolie.
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On a beaucoup aimé la maison « Geheimnis der Farne » (« Le secret des fougères »), création dédiée à Paul Celan : 48 tableaux de fleurs séchées, dans des tons de bleus gris et d’ocre, dans lesquels se mêlent pavots, fougères, tournesols fanés, terre craquelée, et des mots à la fois évocateurs et mystérieux (« Saturnzeit » est répété plusieurs fois : allusion à Saturne, associée à la mélancolie).
On retrouve un des thèmes de prédilection de Kiefer, les rite sacrificiels et funéraires, dans « Nebelland », tableau en résonance au poème du même nom de Ingeborg Bachmann, avec cette phrase du poème inscrite : « J’ai vu le pays de brouillard j’ai mangé le cœur du brouillard ».
Kiefer, né en 1945, année « zéro » de l’Allemagne, est obsédé par le passé nazi, par la mythologie, par les « forces du mal », celles décrites par la Cabale. Il élabore des tableaux à partir des textes mystiques juifs et fait souvent référence à la Cabale. Il faut souligner que la pensée allemande est très imprégnée de la spiritualité judaïque. Kiefer fait notamment référence à l’épisode de la « brisure des vases » (Shevirath ha kelim), l’accident cosmologique qui est à l’origine du mal. Une des œuvres présentées porte le nom de « Sternenfall/Shevirath ha kelim », il s’agit d’une bibliothèque de 4 mètres sur 7, composée de 200 livres de plomb entrecoupés de morceaux de verres ; certains livres tombent et tous paraissent calcinés, le sol est jonché de verre brisé. Livres qu’on retrouve aussi échoués sur ses architectures de béton, ses « tours » monumentales. Le thème du livre, de la bibliothèque est récurrent chez Kiefer. Il fait également référence aux textes chrétiens avec « Le dimanche des rameaux » (« Palmsonntag »), 36 œuvres faites de feuilles de palmier trempées dans du plâtre, face à un palmier de 18 mètres déraciné et couché à terre.
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