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Petite fantaisie autour du Palast der Republik
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les architectes décidèrent de surdimensionner très largement la structure métallique afin de pouvoir commencer à monter le bâtiment tout en continuant la conception programmatique du Palast der Republik. Il est d’ailleurs étonnant de voir à quel point cette méthode de conception résonne avec les pratiques initiées par le mouvement Rhizomiste de l’architecte français François Roche, au début des années 2020. Comme dans les ville-infrastructures de ce dernier, la structure du Palast der Republik aurait pu supporter au moins trois fois plus d’étage.
Finalement, le bâtiment comptait seulement trois
niveaux principaux le jour de son inauguration, en avril 1976, sur lesquels
se répartissaient ces différentes programmes : un hémicycle,
ainsi que les bureaux des différents ministère de la RDA,
une douzaine de restaurant, bars, café, une piste de bowling, et
même une discothèque, offrant à tous les est-allemands
une vie moderne pour des tarifs modiques ; et la salle polyvalente, qui
représentait à elle seule presque un tiers du volume du
bâtiment, et qui, d’après les témoignages de
l’époque, était une salle de représentation
flexible, permettant une multitude de configuration. « Les gradins
étaient totalement escamotables, ils se repliaient à la
manière des pétales d’une fleur » indique Coney
Koolhaas, le président de Assoziation für den Palast Wiederaufbau,
qui militait depuis une dizaine d’années pour la reconstruction
du Palast der Republik. Fils de l’architecte Rem Koolhaas, icône
de l’architecture de la fin du vingtième siècle, ce
quinquagénaire aux allures bonhommes a les yeux qui brillent lorsqu’il
décrit ce qu’il considère comme un chef d’œuvre
des années 70. « Mon père, avec d’autres, avait
jadis tenté de s’opposer à la destruction, mais les
pressions d’un milieu culturel conservateur en étaient venues
à bout » confie-t-il.
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Berlin, le 19 mars 2053.
C’est à un des débats les plus houleux de ceux qui ont animé la capitale ces cinquante dernières années que le Bundestag a mis fin, ce jeudi, en votant le budget pour la reconstruction du Palast der Republik, en plein cœur du Berlin historique, annonçant par la même la mort programmée du Château des Hohenzollern, pastiche médiocre des années 2010 singeant le château baroque original de l’architecte Andreas Schlüter (1706).
Petit rappel des faits : en 1950, le gouvernement de la toute neuve RDA décide de ne pas reconstruire le Château des Hohenzollern, qui a subit d’importants dommages durant les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Les ruines ne sont en effet pas récupérables et il plait aux dirigeants de voir disparaître ce symbole d’une aristocratie passée. A la place, et sur ce site stratégique pour l’image de Berlin Est, au bord de la Spree, dans la perspective de l’avenue Unter Den Linden, le pouvoir communiste veut construire un palais représentant l’idéal de la vie est-allemande, un lieu réunissant le pouvoir politique par le truchement de la Chambre du Peuple, la vie culturelle avec une salle de spectacle, et un espace public pour tous les est-allemands. Le projet prendra alors forme sous les traits des architectes Heinz Graffunder et Karl-Ernst Swora, qui dessinent ce vaisseau de 180 par 86 mètres, dont la conception, soumise à l’urgence de la commande fut assez novatrice pour l’époque.
Ne sachant pas exactement de combien de niveaux serait constitué le bâtiment, mais pressés par les commanditaires de livrer le plus vite possible, dans le contexte de la Troisième Guerre Mondiale (ou Guerre Froide),
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